Pierre Boulat
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Le marbre de Cararre
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Pre-estrucan stèles au musée de Tremoli. Ces stèles ne sont pas en marbre mais sont la première manifestation de la statuaire de Carrare. Anonymes et non identifiées, elles ont été trouvées dans la montagne environnant Carrare. -
Le marbre de Cararre
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Le David de Michel Angelo à l'Académie de Florence. La salle des esclaves. -
Le marbre de Cararre
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A Lucas, à 80 kms de Carrare, le gisant de Bella Dona Ilaria del Carretto, dans le Duomo, est considéré par les connaisseurs comme le symbole de la plus belle sculpture et du plus beau travail du marbre ayant été réalisé. -
Le marbre de Cararre
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La "Galleria", immense caverne creusée par les hommes. C'est la seule mine de marbre au monde. Partout ailleurs, le marbre est toujours exploité à ciel ouvert. -
Le marbre de Cararre
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Mont Altissimo. C'est la carrière la plus haute de la région. A 1589 mètres d'altitude. Elle appartient à la Compagnie Henraux, qui est l'exploitant le plus important de toute la région. Le fondateur de cette compagnie, Monsieur Henraux, avait été envoyé à Carrare par Napoléon, pendant les campagnes d'Italie au début du 19 ième siècle afin d'y étudier et exploiter le marbre pour le compte du gouvernement français qui en utilisa une grande quantité pour les palais et monuments. La famille Henraux n'existe plus, mais le nom est resté et la compagnie est maintenant une société anonyme. Le Mont Altissimo tout entier n'est qu'un énorme bloc de marbre, probablement le plus gros bloc de marbre du monde. On en extrait trois différentes sortes de marbre, qui sont considérées comme les plus beaux du monde: le Tacca Bianca, le Statuario et le Bianco Puro. -
Le marbre de Cararre
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Ouvrier sur le Mont Altissimo. Ils se servent d'échelles en acier pour grimper en haut des carrères et des blocs. -
Le marbre de Cararre
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Mario Macjetti travaille sur le Mont Altissimo depuis 25 ans -
Le marbre de Cararre
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Le déjeuner des ouvriers. Certains préfèrent manger dans la carrière elle-même. Mais la plupart des ouvriers se rendent pour le déjeuner dans les restaurants installés par les exploitants sur les lieux mêmes de la carrière. Chez Henraux, au Mont Altissimo, ils déjeunent sur des tables de marbre. Les ouvriers travaillent 11 heures par jour et la fatigue peut se lire sur leur visage. Ils ont aussi droit de prendre un peu de repos à la cantine pendant la journée en dehors des repas. -
Le marbre de Cararre
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A Forno, près de Carrare, la famille Alberti s'apprête, le samedi soir, à déguster la traditionnelle Polenta que leur sert la mère Adèle. Rodolfo le père, un ancien ouvrier du marbre, a eu tous les doigts de sa main droite coupés par le fil hélicoïdal qui sert à découper le marbre dans les carrières. C'est un accident très fréquent et encore aujourd'hui un sujet de curiositéé pour ses petits enfants qui ne cessent de lui demander: "C'est vraiment le loup qui a mangé tes doigts ?" -
Le marbre de Cararre
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Carrare est le berceau de l'anarchie. Les anarchistes y sont encore légion. Leur centre de réunion, dans une librairie de Carrare. -
Le marbre de Cararre
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Le Serra, torrent descendant des carrières, blanc de poussière de marbre qu'il draine avec lui. Ce torrent charrie des pierres de marbre, façonnées par le courant que les Marmolini viennent ramasser pour les vendre. Cet endroit est le seul où l'on puisse trouver de tels galets et ces femmes sont les dernières survivantes des anciennes marmolini. -
Le marbre de Cararre
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La rivière Carrare. Ses eaux sont utilisées par les ouvriers du marbre pour humidifier les scies des ateliers. Elle est blanche de la poussière du marbre et on peut voir le contraste avec les eaux claires d'une autre rivière qui vient se jeter dans le Fiume Carrare. On l'appelle fréquemment "La rivière de lait". -
Le marbre de Cararre
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Le village de Colonnata qui tire son nom des anciens esclave romains travaillant dans les carrières. -
Le marbre de Cararre
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Vue aérienne de la grande carrière du Mont Altissimo qui se dresse comme une forteresse moyenageuse. Les trainées blanches sont des coulées de marbre. Sur certaines photos Altissimo et Colonnata avec routes en spaghetti qui mènent aux carrières. -
Le marbre de Cararre
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Les routes en spaghetti qui mènent aux carrières. -
Le marbre de Cararre
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La Jollia. Habituellement les blocs de marbre, qui sont en principe plus petits que celui-ci, sont découpés à l'aide d'un fil hélicoïdal qui est en quelque sorte comme un fil à couper le beurre. Il arrive cependant exceptionnellement que d'énormes blocs, comme celui-ci, qui pèse environ 700 tonnes, soient détachés plus ou moins naturellement de la montagne. Dans ce cas, les ouvriers utilisent un vérin pour fissurer le bloc en suivant la veine du marbre. Après 13 heures de travail, lorsque la faille est complète les bulldozers déversent dans la fissure d'énormes blocs de marbre pour aider le morceau à se détacher et tomber. Pour ce bloc-ci il fallut 10 tonnes de morceaux de marbre pour faire bouger et tomber le bloc de 700 tonnes. Il tombe sur un lit de pierres préparé à l'avance pour amortir sa chute. -
Le marbre de Cararre
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La Jollia. Habituellement les blocs de marbre, qui sont en principe plus petits que celui-ci, sont découpés à l'aide d'un fil hélicoïdal qui est en quelque sorte comme un fil à couper le beurre. Il arrive cependant exceptionnellement que d'normes blocs, comme celui-ci, qui pèse environ 700 tonnes, soient détachés plus ou moins naturellement de la montagne. Dans ce cas, les ouvriers utilisent un vérin pour fissurer le bloc en suivant la veine du marbre. Après 13 heures de travail, lorsque la faille est complète les bulldozers déversent dans la fissure d'énormes blocs de marbre pour aider le morceau à se détacher et tomber. Pour ce bloc-ci il fallut 10 tonnes de morceaux de marbre pour faire bouger et tomber le bloc de 700 tonnes. Il tombe sur un lit de pierres préparé à l'avance pour amortir sa chute. -
Le marbre de Cararre
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La Jollia. Habituellement les blocs de marbre, qui sont en principe plus petits que celui-ci, sont découpés à l'aide d'un fil hélicoïdal qui est en quelque sorte comme un fil à couper le beurre. Il arrive cependant exceptionnellement que d'normes blocs, comme celui-ci, qui pèse environ 700 tonnes, soient détachés plus ou moins naturellement de la montagne. Dans ce cas, les ouvriers utilisent un vérin pour fissurer le bloc en suivant la veine du marbre. Après 13 heures de travail, lorsque la faille est complète les bulldozers déversent dans la fissure d'énormes blocs de marbre pour aider le morceau à se détacher et tomber. Pour ce bloc-ci il fallut 10 tonnes de morceaux de marbre pour faire bouger et tomber le bloc de 700 tonnes. Il tombe sur un lit de pierres préparé à l'avance pour amortir sa chute. -
Le marbre de Cararre
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La Lizzatura: tous les ans, des ouvriers du marbre procèdent à une reconstitution historique des anciennes méthodes utilisées pour descendre les blocs de marbre dans la vallée, avant l'apparition des routes et des camions. Les blocs de marbre, comme celui-ci d'environ 20 tonnes chacun, étaient dans les anciens temps descendus par des voies directes appelées les Lizza, avec la seule aide des bras humains. Tandis que des cables fixés au sommet de la Lizza retenaient le bloc, les hommes le faisaient bouger sur un tapis roulant de billots de bois. Reposant sur des patins de bois, le bloc avançait lentement, billot par billot, tandis que les hommes replacaient à l'avant du bloc alternativement les billots qu'ils retiraient après son passage. -
Le marbre de Cararre
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Les blocs de pierre sont aujourd'hui descendus à dos de camion. Ils sont chargés directement dans les carrièères et descendent dans la vallée par des routes souvent très pentues.Ici les camions descendant dans la vallée Colonnata. En arrière plan le village de Colonnata, qui tire son nom des anciens esclaves romains travaillant dans les carrières. -
Le marbre de Cararre
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Les blocs de pierre sont aujourd'hui descendus à dos de camion. Ils sont chargés directement dans les carrières et descendent dans la vallée par des routes souvent très pentues. Puis dans les rues étroites de Carrare jusqu'aux usines et au port. -
Le marbre de Cararre
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A Pomezzan, dans les montagnes au-dessus de Carrare, la famille de Pietro Milani s'était, pendant des siècles, consacrée à la fabrication des épées et des lames d'acier pour les nobles. Depuis une centaine d'années, la famille s'est spécialisée dans la fabrication des outils pour le travail du marbre. Toute la famille participe à l'entreprise. Tous les outils sont faits à la main, et ces gens sont les seuls à les fabriquer encore ainsi. Leur catalogue comporte 160 pièces différentes, uniquement des outils pour le marbre exportés dans le monde entier. -
Le marbre de Cararre
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Les têtes abandonnées de Eva et Juan Peron, dans un coin, chez Henraux. Ces statues avaient été commandées par le dictateur argentin. Elles furent décommandées par le régime qui lui sucèda et qui exigea en outre que les deux statues soient décapitées. -
Le marbre de Cararre
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Fabrique de Tito Bianchià Cecina en Toscane. Quelques unes des reproductions du David de Michel Ange, qui sont parmi les 450 000 différents spécimens d'art statuaire reproduits dans cette fabrique. -
Le marbre de Cararre
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L'atelier Palla à Pietra Santa; Il faudra encore une année pour achever cette reproduction en trois dimensions en marbre de la Naissance de Venus de Boticelli destinée à une fondation californienne. -
Le marbre de Cararre
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Chez Nicoli, un ouvrier réalise une sculpture sur une idée proposée par le sculpteur Bertanelli Bemimino. Le modèle fournit par le sculpteur est en plâtre, non loin de l'ouvrier qui la réalisera à une beaucoup plus grande échelle. -
Le marbre de Cararre
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Giorgio Giacomelli finissant à la main une sculpture pour Zuniga. Cet homme est le seul ouvrier de chez Nicoli réellement capable de finir une sculpture. Toutes les sculptures de cet atelier passent par ses mains en dernier stade. -
Carrare.028
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Dans les ateliers de chez Henraux, un ouvrier reproduit grandeur nature une Fiat Topolino. -
Le marbre de Cararre
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Cet énorme pouce en marbre est la reproduction exacte du doigt d'un prince d'Arabie Saoudite. elle fut réalisée chez Nicoli par le sculpteur français Cesar qui mit 75 jours pour prendre une empreinte parfaite du doigt du prince. Il a fallu 400 jours pour réaliser l'œuvre en marbre qui mesure 6 mètres de haut et pèse 25 tonnes et se dresse maintenant sur une avenue de Djedda. -
Le marbre de Cararre
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Ouvrier dans un atelier de Carrare. -
Le marbre de Cararre
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Suzan Falkman, sculpteur américaine qui vit à Carrare depuis plus d'un an. Comme beaucoup de jeunes artistes étrangers elle est venue ici pour se perfectionner dans son art et travailler plus facilement le marbre, à portée de sa main. -
Le marbre de Cararre
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Le sculpteur américain Franck Gillian, spécialisé dans les fruits et légumes en marbre. Il lui a fallu 4 différentes sortes de marbre pour réaliser cette pastèque. -
Le marbre de Cararre
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Le sculpteur italien Gigi Guadagnuci, travaillant dans le jardin de son studio à Massa. Il est considéré comme l'homme qui fait les plumes les plus lourdes du monde. -
Le marbre de Cararre
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Gio Pomodoro, sculpteur italien membre du parti communiste. Sa dernière sculpture s'appelle "Luogo di Mesura". C'est le symbole de la possibilité de l'existence et elle illustre la dualité, l'alchimie et l'orientation. Cette œuvre fut réalise pour un riche saoudien. -
Le marbre de Cararre
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Keneth Davies, sculpteur américain, et la fontaine que lui avait commandé la ville de Carrare pour la place principale de la ville. Sa "boule flottante" qu'il réalisa avec l'aide de Mario Fruendi, propriétaire du plus récent studio de Carrare, est en fait une boule de marbre que la pression de l'eau fait tourner, donnant ainsi l'illusion du flottement. -
Le marbre de Cararre
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Gonzalo Fonseca, sculpteur américain, considéré comme l'un des meilleurs sculpteurs actuels, au même titre que Nogushi. -
Le marbre de Cararre
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Roberto Bernacchi, sculpteur italien, devant l'une de ses œuvres. Il a sa version très particulière concernant la polémique sur MIchel Ange. Comme il dit, le marteau qu'il tient à la main est une relique symbolique qui, pourrait-on dire, a appartenu à Michel Ange. "Pourquoi pas ?" -
Le marbre de Cararre
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Le studio S.G.F. à Torano. Ajustement d'une sculpture géante du sculpteur hollandais Jos Wong Vu Hing -
Le marbre de Cararre
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Tu, le sculpteur chinois de Taïwan, travaillant dans les studios de Henraux à la réalisation d'un buste de Tchang Kai Tcheck. -
Le marbre de Cararre
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Le second symposium de sculpture organisé par la ville de Carrare sur la place Alberica. Au centre de la place, la statue de la princesse Béatrice, la bienfaitrice de la ville. 36 sculpteurs de nationalités différentes, participent à cette manifestation. Ils ont 14 jours pour rééaliser une œuvre à partir d'un bloc de marbre brut. -
Le marbre de Cararre
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Un sculpteur anonyme discutant de son travail avec Gigi Guadagnuci, membre du jury du symposium 1981 -
Le marbre de Cararre
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Suzan Falkman pendant le symposium -
Le marbre de Cararre
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Le sculpteur français Jean-Pierre Filippi au travail. -
Le marbre de Cararre
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Fabrique de marbre à Figaia. Cette immense surface de marbre (250 mètres carrés) faite de marbre rose du Portugal est destinée à recouvrir les murs du nouveau centre de télévision de Ryad. Le travail fut délicat et l'ajustement des différents roses pour donner une unité de ton pas aussi facile qu'il semblerait au premier abord. Cette usine a également réalisé la décoration en marbre de 10 hôtels aux Etats-Unis, y compris le Cesar de Las Vegas. -
Le marbre de Cararre
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La fabrique Giananti Lori à Carrare. Cette usine travaille actuellement à la réalisation de 20 colonnes de marbre -chacune d'entre elles mesurant 5,50 mètres et pesant 6 tonnes- destinées à la nouvelle mosquéée de la famille royale d'Arabie Saoudite à Djeddah. Cette commande représente 4 mois de travail pour la famille Giananti tandis que 4 autres fabriques de Carrare travaillent au pavement et aux murs de la mosquée. -
Le marbre de Cararre
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Une usine de marbre spécialisée dans la taille de blocs en tranches. Ici différentes couleurs de marbre : onyx, jaune, noir de Belgique, rose du Portugal, blanc statuaire de Carrare. La ville de Carrare est devenue un important centre mondial vers lequel affluent des marbres du monde entier qui seront travaillés ici avant d'être acheminés vers leur destination finale. -
Le marbre de Cararre
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Le port de Carrare
Carrare
Pour le National Geographic Magazine
Folie et frénésie à Carrrae
On dit que le marbre parle, qu’il comprend et qu’il peut rendre fou. Le désir de le toucher, de le posséder et de le faire plier peut devenir une impulsion irrésistible. Pour s’en rendre compte, il n’est que de se rendre à Carrare, petite cité toscane au pied des alpes Apuanes, à quelques kilomètres au nord de Pise; Là, et dans les villes satellites – Massa, Querceto, Seravezza, Pietrasanta – on ne voit, ne parle, ne pense que marbre. Et la passion de la pierre s’infiltre en vous aussi insidieusement que l’air chargé de poussière de marbre que l’on y respire. Les routes qui y mènent, venant des carrières,se tordent entre frênes et chataigniers comme des langues pétrifiées jalonées de blocs qui semblent abandonés. Partout des scieries, désordonnées, encombrées ; des torrents liquoreux et blanchâtres et quand on rencontre une maison nichée entre deux cyprès, on découvre dans la façade, ocre ou rouge, que les encadrements des portes et fenêtres sont de marbre massifs. Tout comme d’ailleurs les stèles des cimetières, les dessus de table des bistrots ou le pavement des places.
Dans le port de Carrare, les masses imposantes des cargos attendent leur tour pour venir charger ou décharger les énormes blocs de marbre qui s’entassent sur les quais.
C’est ici, au-dessus de Seravezza, sur le Mont altissimo, que Michel Ange venait choisir ses blocs de marbre brut. Sa supposée présence en ces lieux a grandement contribué à faire de Carrare l’un des premiers centres de sculpture ; Ils sont peut-être deux cent qui semblent vivre de la poussière de marbre qui s’incruste dans les pores de leur peau et qui bénéficient de tout le matériel nécessaire au travail du marbre, que la coopérative ou les différents ateliers de sculpture mettent à leur disposition.